Mettre en travail des situations pour ouvrir des pistes d’action
Les ateliers de passage des enjeux aux actions constituent une étape d’ouverture du diagnostic participatif. Ils permettent de travailler collectivement des enjeux identifiés à partir des situations vécues sur le territoire, afin de faire émerger des pistes d’actions possibles, sans hiérarchisation ni prescription.
La méthodologie repose sur une organisation claire du temps, des supports et des consignes, selon la grille Place / People / Process.
Place — Un espace organisé pour le travail collectif
L’atelier se déroule dans un espace permettant :
- l’affichage visible des enjeux,
- le travail en petits groupes ou en plénière,
- la prise de notes partagée.
Les enjeux identifiés lors des étapes précédentes sont affichés sur un mur ou disposés au sol, de manière lisible par tous.
Les supports utilisés tout au long de l’atelier peuvent inclure :
- paperboards,
- feuilles A3,
- prises de notes visibles par l’ensemble du groupe.
L’organisation de l’espace permet des passages fluides entre temps collectifs et temps de travail plus ciblés.
People — Des participants engagés dans un choix collectif
Les participants regroupent habitants, usagers, professionnels, acteurs associatifs et institutionnels impliqués dans la démarche.
Ils sont invités à contribuer à partir :
- de leur expérience du quartier,
- de leur lecture des enjeux,
- des situations qu’ils vivent ou observent.
Chacun participe à la fois au choix des enjeux à travailler et à l’élaboration des pistes d’action, dans un cadre collectif partagé.
Process — Un déroulé structuré en cinq temps
1. Accueil et rappel du cadre
L’atelier débute par un temps d’accueil et de cadrage.
Ce temps comprend :
- la présentation de l’objectif de la séance,
- un rappel synthétique des étapes déjà réalisées dans le cadre du diagnostic par le bas,
- la présentation de la liste des enjeux identifiés, en précisant que certains n’ont pas encore fait l’objet d’un travail d’actions.
Ce rappel permet de poser un socle commun avant d’entrer dans le travail.
2. Choix collectif des enjeux à travailler
Un temps de mise en commun permet au groupe de choisir collectivement les enjeux à travailler lors de la séance. Les enjeux non encore travaillés sont affichés sur un mur ou au sol.
Chaque participant dispose de trois post-it, qu’il colle sur les enjeux qu’il souhaite voir travaillés.
Les post-it peuvent comporter :
- un mot,
- une situation,
- un élément faisant écho à l’enjeu concerné.
Les trois enjeux ayant recueilli le plus de post-it sont retenus pour la suite de l’atelier. Les autres enjeux restent ouverts et peuvent être retravaillés ultérieurement.
3. Travail à partir des situations vécues
Pour chacun des enjeux retenus, un temps de travail est consacré aux situations vécues ou observées dans le quartier.
Ce travail peut se dérouler en petits groupes ou en plénière, selon le nombre de participants.
Il porte sur :
- le partage de situations concrètes,
- la description des effets produits dans le quotidien,
- la mise en commun des éléments exprimés.
Ce temps vise à approfondir la compréhension des enjeux à partir du réel du territoire, sans recherche immédiate de solutions.
4. Identification de pistes d’actions possibles
À partir des situations évoquées, les participants identifient des pistes d’actions possibles en lien avec les enjeux travaillés.
Les pistes sont formulées en distinguant plusieurs registres :
- actions individuelles,
- actions portées par un acteur dans le cadre de ses missions,
- actions croisées entre plusieurs acteurs,
- actions visant la compréhension mutuelle et la circulation de l’information.
Les propositions sont formulées de manière ouverte, sans hiérarchisation ni engagement.
5. Mise en commun et clôture
L’atelier se conclut par un temps de restitution collective.
Ce temps permet :
- de présenter les pistes d’actions identifiées,
- de vérifier la compréhension partagée des propositions formulées,
- de rappeler le caractère ouvert et non prescriptif du travail réalisé.
Les pistes produites constituent une matière collective, destinée à nourrir des prolongements ultérieurs.
Une ouverture vers la suite de la démarche
Les ateliers de passage des enjeux aux actions permettent de transformer un diagnostic partagé en répertoire de possibles, ancré dans les situations vécues du territoire.
Ils clôturent une séquence de travail tout en laissant ouverts les enjeux non traités et les pistes à approfondir dans d’autres cadres ou temporalités.
Pour découvrir l'ensembles de l'histoire, voici les précédents articles de blogs :
- Quartier Battant, Besançon – Article 1
- Retour sur la quatrième rencontre – Article 2
- Du rêve au possible (1) - Article 3
- Carte sensible, Groupe entraide mutuelle - Article 4
- Du rêve au possible (2) - Article 5
- Méthode du diagnostic par le bas
Pour suivre l’ensemble des évènements du parcours
Le diagnostic par le bas – Quartier Battant se construit pas à pas :
- Étape 1 – Carto Bousbots, Quartier Battant
- Étape 2 – Acteurs Bousbots, graphe causal & cartographie Battant
- Étape 3 – Diagnostic participatif
- Étape 4 – Diagnostic participatif
- Étape 5 (1) – Du rêve au possible
- Étape 5 (2) – Du rêve au possible
Christine Jeudy Alusage et Alexandre Moine, Pr. Géographie, Responsable Master AGPS, Président Forum Transfrontalier, Laboratoire ThéMA – UMR 6049 CNRS