3. Les ateliers de retransmission des cartes sensibles

Méthode d'un diagnostic par le bas

Mettre les représentations en circulation

Les ateliers de retransmission des cartes sensibles occupent une place centrale dans la démarche de diagnostic participatif. Ils prolongent le travail de cartographie en donnant aux cartes une seconde vie : celle de la circulation, de la rencontre et du dialogue entre publics.

Cette étape permet de travailler sur ce que produit une carte lorsqu’elle change de destinataire et d’observer les déplacements de regard qui en découlent.

La méthodologie repose sur trois dimensions complémentaires : Place, People, Process.

Place — Des espaces dédiés à la transmission et à la lecture collective

Les ateliers de retransmission se déroulent dans des espaces accessibles, identifiés comme des lieux de rencontre et de partage : tiers-lieu, salle associative, espace public ou lieu institutionnel ouvert.

Les cartes sensibles (carte A0 et calques) y sont installées de manière visible, lisible et manipulable. Elles sont présentées comme des objets de travail à part entière, porteurs de récits et de points de vue situés.

L’agencement de l’espace favorise la circulation autour des cartes, l’observation partagée et les échanges à partir de ce qui est donné à voir.

People — Des publics différenciés, mis en position de découverte

Les ateliers de retransmission réunissent des publics variés, invités à entrer en contact avec des cartes qu’ils n’ont pas produites eux-mêmes.

Ces publics regroupent notamment :

  • des habitants découvrant le travail d’autres habitants,
  • des professionnels rencontrant les cartes issues des vécus d’usagers,
  • des institutions accédant à des représentations produites hors de leurs propres outils habituels.

Chaque groupe entre dans la lecture avec ses repères, ses pratiques et ses cadres de référence. La retransmission crée un espace de rencontre entre ces lectures et les représentations sensibles du territoire.

Process — Raconter, transmettre, diffuser

La retransmission s’appuie sur un déroulé précis, articulant récit, lecture collective et mise en circulation des supports.

  1. Présentation et contextualisation des cartes
    Les cartes sensibles sont présentées par des personnes ayant participé à leur élaboration ou par les animateurs du dispositif.
    Le contexte de production est rappelé : types d’acteurs impliqués, organisation par calques, usage des gommettes et recueil des verbatims.
  2. Récit et lecture collective
    Les cartes sont racontées à partir de ce qu’elles donnent à voir : lieux investis, zones de tension, trajectoires, points d’appui.
    Les verbatims associés aux contributions peuvent être mobilisés pour restituer la parole des participants.
  3. Échanges et mise en dialogue
    Les participants expriment ce que la carte leur fait percevoir, comprendre ou questionner.
    Les échanges permettent d’observer les déplacements de regard et les résonances produites par la confrontation des points de vue.
  4. Numérisation et diffusion des calques
    Les différents calques sont numérisés afin de conserver une trace fidèle du travail réalisé et d’en faciliter la diffusion.
    Cette numérisation permet :
    • de partager les cartes au-delà des temps d’atelier,
    • de rendre accessibles les productions à des publics élargis,
    • de soutenir la circulation des représentations dans le temps,
    • d’alimenter la documentation ouverte du diagnostic participatif.

Les cartes deviennent ainsi des supports transmissibles, mobilisables dans d’autres espaces de travail, de concertation ou de décision.

Une étape clé du diagnostic participatif

Les ateliers de retransmission transforment la cartographie sensible en outil de dialogue territorial et de diffusion des savoirs d’usage.

La mise en circulation physique et numérique des cartes renforce la capacité du diagnostic par le bas à produire des effets de compréhension partagée et à nourrir les étapes suivantes de l’analyse territoriale.

Pour découvrir l'ensembles de l'histoire, voici les précédents articles de blogs :

Pour suivre l’ensemble des évènements du parcours

Le diagnostic par le bas – Quartier Battant se construit pas à pas :

Christine Jeudy Alusage et Alexandre Moine, Pr. Géographie, Responsable Master AGPS, Président Forum Transfrontalier, Laboratoire ThéMA – UMR 6049 CNRS

2. atelier: Graphes causaux et analyse située des relations territoriales
Méthode d'un diagnostic par le bas