Cet article complète un panneau explicatif des différents cycles de l’eau et leur utilisation dans le jardin. Ici, vous pourrez trouver les gouttes explicatives plus détaillées, ainsi que des sources.
À ce jour, dans l’agriculture, nous pourrions utiliser de manière plus réfléchie les dispositifs naturels qui nous permettraient de produire un espace agricole vivant et en accord avec son environnement.
En effet, si nous nous attardons sur le déplacement de l’eau, nous pouvons voir que nous pourrions prendre en compte les cycles de l’eau pour aménager efficacement l’espace naturel.
Le Jardin du ravelin propose de s’inspirer des écosystèmes naturels pour ralentir, infiltrer et redistribuer l’eau.
Cet article vous guide à travers 6 gouttes de connaissances pour comprendre comment fonctionne le système.
Goutte 1 : Les arbres de différentes tailles des pompes à eau naturelles
Dans certains écosystèmes arborés, près de 80% des retombées pluviale, proviennent de l’évaporation, grâce aux arbres (dans une prairie, seulement 20% de l’eau est évaporée)
Les forêts permettent à l’eau évaporée de la mer de se déplacer.

Ex : L’eau de mer évaporée à proximité de la forêt amazonienne se déplace jusqu’à la cordillère des Andes, en s’évaporant et en retombant dans la forêt (5 à 6 fois).
Dans le jardin, le Micocoulier joue ce rôle de “trampoline” naturel et forment des nuages locaux.
Goutte 2 : Le sol, une éponge vivante
Un sol vivant n’est pas une simple couche de terre. C’est un écosystème complexe, peuplé de milliards d’organismes (bactéries, champignons, vers de terre, insectes…) qui creusent, décomposent, aèrent, et créent une structure poreuse capable d’absorber l’eau comme une éponge (cf.panneau sur la composition des sols?). Un sol forestier peut absorber jusqu’à 10 fois plus d’eau qu’un sol nu ou compacté.
Dans nos jardins et villes, les sols ont souvent été compactés, imperméabilisés, ou appauvris. L’eau de pluie ruisselle alors en surface, entraîne des éléments nutritifs, et alimente les inondations plutôt que les nappes.
Le principe du paysage éponge consiste à restaurer cette capacité naturelle d’absorption. Au Jardin du Ravelin, cela passe par l’enrichissement du sol avec :
- Du compost, qui améliore la structure et nourrit les micro-organismes.
- Du broyat (bois raméal fragmenté), qui crée des poches d’air et de rétention en se décomposant.
- Des feuilles mortes, qui forment un paillis isolant et nourrissant.

L’eau s’infiltre alors lentement, nourrit les racines en profondeur, et recharge doucement les nappes phréatiques.
Goutte 3 : Les champignons, alliés essentiels
- Sous nos pieds se cache un réseau d’une complexité extraordinaire : le mycélium, formé par les champignons en surface.
À la tombée de la nuit, le mycélium fait sortir l’eau qui n’est plus nutritive, qui se rassemble ainsi autour des racines et réabsorbée par la plante, le jour d’après.
Les champignons saprophytes, qui décomposent le bois, répartissent l’eau dans l’écosystème. L’eau se diffuse à hauteur de 1 fois et demie la hauteur d’un lierre, dans le sol.

- Le rôle des champignons ne s’arrête pas au sol :
En surface, les spores de champignons remontent la pluie jusque dans les nuages et deviennent des noyaux de condensation pour d’autres gouttes d’eau

La forêt ne subit pas la pluie, elle appelle la pluie.
Goutte 4 : L’arrosage inspiré des oyas
Dans la nature, l’eau de pluie ne tombe pas directement sur les racines, elle s’infiltre progressivement, filtrée par les couches successives du sol, stockée dans les horizons organiques, libérée lentement selon les besoins des plantes. C’est ce mécanisme naturel que le jardin cherche à reproduire.
Les oyas sont des poteries en terre cuite poreuse, enterrées au pied des plantes et remplies d’eau. Par osmose, l’eau traverse lentement les parois de l’oya et s’infiltre directement au niveau des racines, là où elle est nécessaire.

Ce dispositif est un artifice d’arrosage qui recopie l’infiltration naturelle : il replace l’eau au cœur du sol plutôt que de la déposer en surface, où elle s’évapore ou ruisselle sans bénéficier aux plantes.
Goutte 5 : La rosée, une source d’eau non-pluviale
L’air chaude peut être humide et lorsque la température est plus froide, elle se condense et perds de sa matière c’est la rosée. L’air chaud est une air lourde et chargée d’humidité, tandis que l’air froide est une air légère et condensée.
À 20°, il faut une surface de 12°, pour que l’air se condense. À 40°, il faut trouver une surface de 28°. L’utilité de l’ombre d’un arbre, transpiration de l’arbre en dessous de son feuillage, les feuilles encore plus basses condensent l’humidité qui retourne dans l’arbre et descend jusque dans les racines.

Un sol hétérogène, en termes de surface (bossus,…), permet cette différence de degré, générant ainsi de la condensation.
Dans un écosystème où 200 ml d’eau en été, 400 ml d’eau circule dans les plantes, en une journée. L’eau passe à peu près 2 fois.
Le lierre grimpant sur les arbres joue le rôle d’une véritable “tour à rosée” : ses grandes feuilles présentent une vaste surface de condensation, et les gouttes récoltées glissent le long des tiges vers le sol.
Goutte 6 : La photosynthèse
La photosynthèse est le processus fondamental par lequel les plantes transforment la lumière du soleil, le dioxyde de carbone (CO₂) atmosphérique et l’eau en sucres (énergie) et en oxygène.
Mais ce que l’on oublie souvent, c’est que la photosynthèse produit aussi et libère de l’eau. Lors de la phase lumineuse de la photosynthèse, des molécules d’eau sont dissociées, libérant de l’oxygène et des électrons. Une partie de cette eau est restituée à l’atmosphère.
6 CO2 + 12 H2O + lumière → C6H12O6 (matière organique) + 6 O2 + 6 H2O

Vidéo de Hervé Covès
Les 7 cycles de l'eau
Pour réaliser cet article je me suis appuyé sur une variété de sources, notamment :
Pour comprendre La photosynthèse
Écrit par Félix Gerome - Stagiaire au Tiers-lieu le 97